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Les parasites, témoins de l’évolution

Oiseau
© J.Bertrand (EDB)
Les parasites, aussi insignifiants semblent-ils être, jouent un rôle clef dans la régulation de nombreuses espèces. Leurs formes, aptitudes… sont autant de témoignages d’évolutions, d’histoires, ou plutôt de « bio-histoires » toutes aussi riches en enseignements que celles des grands mammifères. Grâce au travail des chercheurs d’EDB, ces témoins muets passent aux aveux et révèlent, dans le cadre d’une publication au sein de l’« American Naturalist », les facteurs les ayant conduits à évoluer… jusqu'à former de nombreuses nouvelles espèces.
Panneau FM

Les chercheurs se sont basés sur deux groupes de parasites infectant les oiseaux, deux histoires distinctes se déroulant au sein d’un même décor, d’un même archipel, celui des Mascareignes. Dans l’un Plasmodium, plus connu pour être le parasite de la malaria, et dans l’autre Leucocytozoon, certes moins célèbre mais demeurant cependant un des parasites les plus répandus chez les oiseaux.

Dans le cadre d’habitats isolés, tels que des îles, 3 facteurs peuvent conduire un groupe d'organismes à une plus grande diversité d’espèces. A savoir : La fréquence des colonisations (chacune d’elles apportant de nouvelles espèces dans l'archipel depuis le continent), l’ancienneté de celles-ci (laissant plus ou moins de temps à chaque espèce colonisatrice pour évoluer et former de nouvelles espèces au sein de l'archipel), et le taux de diversification « in-situ », qui représente la vitesse à laquelle de nouvelles espèces se forment. Démêler le poids de chacun de ces critères et par là-même, reconstituer la bio-histoire de tels parasites n’est pas sans difficultés. En effet, ces parasites de la taille d’une cellule ne laissant que peu de traces, aucun fossile ou empreinte n’a pu être retrouvé. En conséquence de quoi, aucun point d’ancrage ne peut être placé dans leurs arbres du vivant (ou arbres phylogénétiques). Les chercheurs se sont donc basés sur de grands échantillons de parasites dont ils ont prélevé et séquencé l'ADN afin d’en déterminer l'espèce précise. Par la suite, l'information contenue dans l'ADN des parasites a été utilisée pour construire leur arbre phylogénétique, permettant de déterminer les évènements de « spéciation », de formation d’une nouvelle espèce, pour chacun de ces parasites, ainsi que la fréquence à laquelle ils ont colonisé les Mascareignes.

Au terme des analyses, Plasmodium, en dépit de sa plus grande capacité de prolifération affiche pourtant une moins grande diversité que Leucocytozoon. Autre conclusion de l’étude : si les deux premiers critères, à savoir date et fréquence des colonisations, affectent bien la diversité de la population finale, le taux de diversification in-situ ne semble pas quant à lui jouer de rôle déterminant. Cet élément va directement à l’encontre des idées établies et souligne en conséquence l’importance d’une approche quantitative pour recréer une véritable « bio-histoire » du monde du vivant.